Autour du feu : Rendons hommage au service militaire autochtone (Partie 2)

Les vétérans métis avec Brian Black

Le 8 novembre est la Journée nationale des vétérans autochtones. Pour l'occasion, nous vous proposons une série de 3 entrevues avec des Autochtones qui ont servi ou qui servent encore dans les Forces armées canadiennes.

Dans cette deuxième partie de notre minisérie sur le service militaire autochtone, nous discutons avec Brian Black, président du Conseil des vétérans de la Nation métisse de l'Ontario, des spécificités des vétérans métis, des excuses faites par le gouvernement fédéral à l'automne 2019 et de ce qu'est un vétéran.  (En anglais seulement)

Durée : 21:22

Transcription

Autour du feu : Rendons hommage au service militaire autochtone (Partie 2)

Brian Black 0:03 
Bonjour, c'est Brian.

Annie Leblond
Bonjour Brian. C'est Annie. Comment allez-vous? [Fondu]

[Musique]

Annie Leblond 0:11 
Pour notre minisérie sur les vétérans autochtones, nous voulions explorer le point de vue des Métis. Nous avons donc parlé au téléphone avec Brian Black, président du Conseil des vétérans de la Nation métisse de l'Ontario [Métis Nation of Ontario Veterans Council]. Brian est lui‑même un vétéran; il a servi dans la Marine royale canadienne. Alors, écoutons ce qu'il a à nous dire.

Cette entrevue a été réalisée en anglais seulement.

[Musique]

Annie Leblond
Brian Black, merci d'avoir accepté d'échanger avec nous aujourd'hui. Avant de passer aux questions, pourriez‑vous nous parler un peu de vous?

Brian Black 0:42 
Bien sûr. À la fin des années 1980, je demeurais à Vancouver. J'étais travailleur dans l'industrie du bois d'œuvre. C'est alors que j'ai été mis à pied. Ce soir‑là, j'étais à la plage avec quelques amis et je réfléchissais à ce que j'allais faire. Je regardais passer quelques navires dans le port et j'ai réalisé que c'était pour moi le temps de faire carrière sur l'eau. Alors, je me suis enrôlé dans la Marine royale canadienne en janvier 1990. Un peu moins d'un an plus tard, je naviguais sur le golfe Persique lors de la guerre du Golfe où j'ai été décoré de la Médaille du Golfe et du Koweït. Après ce déploiement, et c'était la première fois qu'un navire de la Marine canadienne faisait le tour du monde depuis environ 40 ans, j'ai encore une fois pris la mer à partir de Victoria pour naviguer autour de l'Amérique du Nord en passant par le canal de Panama, jusque dans les Caraïbes en raison de l'embargo de l'ONU... pour le maintien de la paix par l'ONU en Haïti.

Lors de ce déploiement, j'ai quitté ce qui est mon métier pour me joindre à l'équipe d'arraisonnement du navire, et nous avons arraisonné de nombreux navires afin de vérifier s'ils faisaient de la contrebande, conformément aux sanctions de l'ONU qui étaient imposées. Après avoir quitté la Marine, j'ai commencé à travailler pour une entreprise mondiale d'inspection et de certification, pour laquelle je faisais des inspections de marchandises, et j'ai participé à quelques initiatives internationales visant à améliorer la sécurité et l'efficacité des inspections internationales et de la sécurité des marchandises. À l'heure actuelle, en plus de mes fonctions de président du Métis Nation of Ontario Veterans Council, je travaille pour un fabricant de fibre de verre où je gère le groupe d'estimation des projets. Je suis marié et j'ai un fils âgé de 10 ans.

Annie Leblond 2:40 
Parlez-nous de ce Métis Nation of Ontario Veterans Council. Pouvez-vous nous raconter un peu ce que vous faites au sein de cette organisation?

Brian Black 2:47 
Il y a 6 personnes qui siègent au conseil, et nous couvrons l'ensemble de l'Ontario. Il s'agit d'une province passablement vaste. Nous avons des représentants à Windsor, ainsi que dans l'Est, à Trenton, de même que dans le Nord, dans la région de North Bay. Il y a quelques représentants à Barry, et je suis en quelque sorte le représentant local de la région de Toronto. Nous offrons un soutien à nos vétérans, à nos vétérans métis. Les vétérans métis rencontrent toutes sortes de difficultés lorsqu'ils rentrent à la maison, difficultés qui sont quelque peu différentes de celles que vivent les vétérans des Premières Nations, parce que les vétérans des Premières Nations peuvent retourner dans leur réserve où leur famille les attend, tandis que dans le cas des Métis, nous n'avons pas de territoire, à l'exception de l'Alberta, où il y a quelques villages. Mais c'est là une toute autre histoire. En règle générale, pour ce qui est du reste du groupe des Métis, nous n'avons pas de réserves. Nous sommes répartis dans différentes communautés. Lorsque vous êtes dans l'armée, en service, vous vous côtoyez constamment, lorsque vous vous couchez et vous levez, aux toilettes, dans le coin‑repas et la salle à manger, et pour travailler toute la journée et nettoyer. Vous vivez les uns sur les autres à longueur de journée. Alors, lorsque vous êtes libéré du service, vous êtes à la maison et vous vous retrouvez tout seul; vous n'avez plus personne à côté de vous chaque seconde de la journée. Lorsque vous êtes un vétéran métis, vous pouvez être seul et vivre reclus dans des régions rurales. Et si vous devez lutter contre des démons intérieurs, vous pouvez alors courir au désastre.  

Annie Leblond
Vous êtes isolés.

Brian Black
Oui, exactement. Et en ce qui concerne notre conseil, nous allons rencontrer ces personnes pour nous assurer que s'ils ont besoin d'aide ou de services, nous pouvons les obtenir pour eux.

Annie Leblond 4:50 
Nous avons encore des vétérans aujourd'hui, en 2019. Et vous l'avez mentionné lors de votre présentation, vous avez dit que vous aviez servi lors de la guerre du Golfe. Lorsque nous nous préparions [pour cette entrevue], vous avez dit qu'on oubliait souvent cette guerre. Les gens, lorsqu'ils pensent aux vétérans, ils pensent à ceux de la Première Guerre mondiale, de la Seconde Guerre mondiale et ça devient flou, et ensuite ils pensent à l'Afghanistan. Mais il n'y a rien entre ces 2 guerres. Mais votre organisation représente des vétérans qui ont servi dans tous les conflits entre ces guerres et même aujourd'hui, n'est‑ce pas? Alors, diriez‑vous qu'il est important pour nous d'avoir une meilleure idée de ce qu'est un vétéran?

Brian Black 5:25 
Eh bien... je ne sais pas. Je pense que si vous modifiez quelque peu la question... un vétéran, c'est un vétéran, et il existe une définition de ce terme. Mais je pense que pour le grand public, lorsqu'on parle d'un vétéran, on pense automatiquement à un vétéran de la Première Guerre mondiale ou de la Seconde Guerre mondiale.

Annie Leblond
Effectivement, c'est l'image qui nous vient à l'esprit.

Brian Black
Oui, c'est ça. Vous savez, et à titre de vétéran métis, je peux dire que les Métis se battaient pour le Canada avant même qu'il n'existe, comme lors de la guerre anglo‑américaine de 1812 et pendant d'autres escarmouches au cours de cette période. La Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée, la guerre du Vietnam, et vous ajoutez à cela quelques missions de l'ONU à Chypre, en Bosnie, au Rwanda, sur le plateau du Golan, dans le golfe Persique, et maintenant en Afghanistan. Et nous avons dernièrement dépêché quelques troupes supplémentaires en Afrique. Il n'y aura pas de fin à cela, à cause de la nature même du Canada, qui est d'aider et de servir les autres. Je ne crois pas que cela doive changer, mais je crois qu'il faut que cette nature soit en constante évolution. Je pense cela en partie parce que certains de ces conflits étaient très petits. Alors, le nombre de vétérans qui avaient besoin de services était moindre comparativement au nombre de vétérans qui ont eu besoin de services après la Seconde Guerre mondiale. Ils ont en quelque sorte été inclus dans ce groupe. Et ensuite, tout à coup, certains des enjeux ont changé avec la guerre en Afghanistan et là, nous avons réalisé que, oh! Vous savez, il faut créer des programmes spéciaux pour eux parce que les problèmes sont si importants et il y a un si grand nombre de vétérans qui ont besoin d'aide. L'une des choses que nous affirmons continuellement, c'est qu'un vétéran est un vétéran. Peu importe le conflit auquel vous avez participé, peu importe votre grade ou peu importe où vous étiez, nous sommes tous égaux et nous avons tous droit aux services qui sont offerts.

Annie Leblond 7:36 
Tout à fait.

À propos des services... vous avez parlé des difficultés auxquelles les vétérans métis [sont confrontés] – lorsqu'ils rentrent à la maison, et je crois que vous avez dit [qu'] ils peuvent être isolés et avoir des besoins qui peuvent être différents de ceux des Premières Nations. Nous enregistrons ce balado à l'automne 2019, quelques semaines seulement après que le gouvernement fédéral ait présenté des excuses officielles aux vétérans métis qui ont servi au cours de la Seconde Guerre mondiale. Si vous me le permettez, je vais citer ces excuses :
« Avec le recul, il est clair que les expériences vécues par certains vétérans métis avant et après la Seconde Guerre mondiale ont pu avoir une incidence négative sur leur réinsertion dans la vie civile. Bon nombre d'entre eux a subi des préjudices, a vécu dans la pauvreté et n'a pas été en mesure d'acquérir l'éducation, les compétences professionnelles et l'expérience de travail nécessaires. Nous nous excusons du fait que les avantages offerts aux vétérans après la guerre n'étaient pas conçus de manière à répondre aux besoins particuliers des vétérans métis. »
Fin de la citation.
Ces excuses confirment l'existence de besoins particuliers. Je pense que vous étiez là, en personne, lorsque ces excuses ont été présentées; comment avez‑vous réagi? Pourquoi ces excuses étaient-elles nécessaires?

Brian Black 8:51 
Vous savez, c'était très important. Et je suis heureux d'avoir eu cette occasion et d'avoir pu être sur place. La citation dont vous avez parlé est celle de Lawrence McCauley, qui est actuellement le ministre dans Anciens Combattants, et nous avons eu quelques conversations avec lui par la suite. Nous sommes très satisfaits, après tous les efforts et tout le travail que nous avons accompli. Dans le cas des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, ils avaient besoin d'être reconnus et qu'on leur rende hommage après les mauvais traitements qu'ils ont subis à leur retour de la Seconde Guerre mondiale. J'ai vraiment hâte de mener des consultations et de travailler avec le comité des vétérans qui sera mis sur pied pour maintenir cette confiance et apporter un soutien aux nôtres.

Brian Black 9:44 
Ces excuses étaient nécessaires et attendues depuis trop longtemps. Les vétérans des Premières Nations ont obtenu des excuses il y a de nombreuses années, et on a une fois de plus ignoré les vétérans métis. Nous acceptons ces excuses et nous allons continuer et aller de l'avant. Vous vous demandez quels sont certains des besoins particuliers que nous devons combler aujourd'hui? Je vous ai expliqué brièvement toute à l'heure ce qui différenciait les vétérans métis de ceux des Premières Nations, notamment le fait qu'ils n'ont pas de réserves qu'ils peuvent réintégrer à leur retour. Il était vraiment nécessaire de nous rendre dans les régions rurales où ils sont. Vous savez, désormais, nous pourrons utiliser cette confiance pour aider nos camarades vieillissants à obtenir des soins de santé, des soins à domicile, des soins de confort et même des services pour nos jeunes, des soins pour les aînés et un accès à l'éducation. Dans la mesure où c'est géré correctement, les retombées pourraient durer toute une vie. Cela pourrait également ouvrir des portes pour avoir d'autres conversations avec le ministère des Anciens Combattants pour démontrer qu'il n'y a aucun financement pour les vétérans métis, mis à part celui fourni par le ministère des Anciens Combattants. Il existe des tonnes de programmes pour les jeunes et des tonnes de programmes pour les aînés, mais rien pour les vétérans, rien pour les vétérans métis. La demande d'excuses de la part du gouvernement et d'une réconciliation avec les vétérans de la Seconde Guerre mondiale remonte aux années 1950. Elle s'est perpétuée encore et encore, d'un gouvernement à l'autre. Et même, en parlant du gouvernement précédent... le premier ministre de l'époque avait affirmé que tant qu'il serait premier ministre, il n'y aurait jamais de réconciliation avec les vétérans métis de la Seconde Guerre mondiale. Comment cela peut‑il sembler juste dans l'esprit de quiconque?

Annie Leblond 11:59 
De nombreuses raisons peuvent inciter une personne à s'enrôler dans l'armée, vous savez, des raisons universelles : le goût de l'aventure, un salaire régulier peut attirer certaines personnes, suivre les traces d'amis et de membres de la famille. Y avait‑il d'autres raisons à part, vous savez, le fait d'être attiré par les bateaux? Pourquoi vous êtes‐vous enrôlé?

Brian Black 12:23 
Cette question n'a pas de réponse unique. L'une d'elles, c'est que c'est notre territoire. Nous, les Métis, n'avons pas de réserves, mais nous vivons partout au Canada. J'irais même jusqu'à dire que les Métis sont en fait les premiers Canadiens à avoir habité ce territoire en raison de leur patrimoine mixte, issu à la fois des Premières Nations et des colons européens. Si quelqu'un les attaque, il attaque ce territoire. Vous constaterez dans l'histoire qu'il y a toujours eu un très grand nombre de Métis et de membres des Premières Nations qui s'enrôlaient, qui rendaient service aux autres et qui servaient leur communauté. Cela a toujours été un autre aspect de la vie militaire, vous savez, comme si vous suiviez les traces des membres de votre famille. J'ai des membres de ma famille qui ont été dans l'armée avant moi, mais c'est surtout, de vouloir faire partie de quelque chose qui est plus grand que soi, de contribuer à l'amélioration de notre pays. Comme le disait JFK, « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays ». Je pense que c'est une notion qui se perd. Je crois que ce message devrait être plus souvent répété, car tout le monde pense à ce que le gouvernement devrait faire pour lui, mais personne ne fait rien pour son pays.

Annie Leblond 13:52 
Je vous dirais que ça me paraît beaucoup plus logique, personnellement, lorsque vous expliquez ce phénomène. Étant originaire du Québec, étant d'ascendance canadienne-française, je ne vais pas me faire beaucoup d'amis en disant cela, mais mon grand‑père s'est marié pour ne pas aller à la guerre. Certains Canadiens français n'avaient pas particulièrement le goût de servir un roi britannique dans le cadre d'une guerre. Dans ce contexte, ma prochaine question, lorsque je pense aux Métis ou aux Autochtones qui s'enrôlent dans l'armée, compte tenu de l'histoire coloniale de ce pays, pourquoi diable des Autochtones aimeraient-ils servir ce pays dans l'armée? Mais j'imagine qu'il y a des raisons universelles et qu'il est logique, pour les Métis à titre de premiers Canadiens, de vouloir protéger ce territoire.

Brian Black 14:42 
Et lorsque vous changez d'optique et dites, eh bien, pourquoi voudriez‑vous vous enrôler dans les forces armées pour protéger ce pays? Il y a 2 facettes à cette médaille, et je pense que mes frères et sœurs des Premières Nations seraient d'accord avec moi pour dire que, même si nous sommes souverains, à titre de Premières Nations ou de Métis, lorsque nous avons finalement obtenu notre première entente d'autonomie gouvernementale, nous vivions encore sur ce territoire. Et s'il y a quelque chose qu'il faut protéger sur ce territoire, nous nous lèverons encore et ferons partie des premiers à se porter volontaires pour le protéger.

Annie Leblond 15:27 
Nous avons également parlé à John Moses dans le cadre du présent balado. Il travaille au Musée [canadien] de l'histoire, à Gatineau. Il nous a expliqué l'importance des ceintures wampums et du rôle important qu'elles jouent dans les différentes cultures autochtones pour honorer un engagement verbal, une poignée de main, si vous voulez. Il est prouvé que le gouvernement fédéral a fait des promesses en échange d'un enrôlement dans l'armée. Et peut‑être que les excuses qui ont été présentées dernièrement aux vétérans métis en sont la conséquence, mais diriez‑vous qu'il y a eu un choc culturel pour les hommes et les femmes métis qui ont servi dans l'armée? Un choc culturel, j'imagine, lorsqu'ils se sont enrôlés dans l'armée, ou un choc culturel lorsqu'ils ont réintégré la vie civile?

Brian Black 16:19 
Historiquement, même lors de la guerre anglo‑américaine de 1812, les vétérans métis et les soldats des Premières Nations qui ont participé à ces batailles étaient au front. Et lorsque vous jetez un coup d'œil à la bataille de Fort Détroit pendant la guerre de 1812, la défaite subie à ce fort était attribuable au fait qu'ils avaient peur de tous les soldats des Premières Nations qui allaient y participer. Lorsque nous parlons aussi de nous enrôler, je pense que nous, membres des Premières Nations et Métis, nous y allons à fond... à cause de la vie que nous menons, nous sommes tous ensemble et formons une communauté tissée serrée. Dans l'armée, vous vous enrôlez et ça vous semble déjà familier. Alors, je pense que c'est la raison pour laquelle, lorsque nous nous enrôlons, nous excellons dans ces situations, nous fonçons, nous nous accrochons et donnons le maximum.

Lorsque vous jetez un coup d'œil à la Première Guerre mondiale ou à la Seconde Guerre mondiale... il y a des vétérans métis qui ont été des tireurs d'élite très décorés et qui ont joué un rôle déterminant dans certaines batailles. L'un des vétérans autochtones bien connus de la Seconde Guerre mondiale est Tommy Prince. Il était vraiment reconnu et respecté par tous ceux et celles qui ont servi avec lui. Mais lorsqu'il est revenu chez lui, il n'a pas obtenu ce respect. On a fait preuve à son égard du même irrespect qu'avant son départ pour la guerre. Je pense qu'il s'agit là complètement d'une autre histoire, triste, et dont il faudrait parler davantage. Mais, vous savez, les membres des Premières Nations qui reviennent de ces guerres, ils reviennent à titre de sergent‑major Jones, par exemple, et ils sont respectés. Mais après, il rentre chez lui et on dit « Oh, c'est seulement M. Jones de la réserve ». Voilà où est le manque de respect. Lorsque ces vétérans sont revenus, des agents des Indiens dans les réserves disaient « Oh, ils n'ont pas besoin du soutien et de tous les services dont ont besoin les vétérans à leur retour ». On balaie en quelque sorte le problème sous le tapis. Alors les vétérans se sont retrouvés ici sans aucun soutien, et même avec une estime de soi diminuée.

 

Annie Leblond 18:54 
C'est comme s'ils étaient des soldats de second rang ou quelque chose du genre.

Brian Black 18:58 
Oui. Exactement.

Annie Leblond 19:00 
Cet homme, Tommy Prince, il n'est pas seulement l'un des vétérans métis les plus décorés; c'est l'un des vétérans [canadiens] les plus décorés, point. N'est-ce pas?

Une dernière question...
Étant vous-même vétéran, et étant le président d'une association de vétérans, de vétérans métis, qu'est‑ce que vous diriez aux fonctionnaires ou aux membres du grand public, qu'ils ne savent peut‑être pas, au sujet de la contribution des hommes et des femmes métis à la vie militaire?

Brian Black 19:36 
Je voudrais qu'ils sachent que nous servons dans l'armée parce que nous le voulons bien, et non parce que c'est notre dernier recours avant de vivre dans la rue, car nous avons un grand cœur. L'an dernier, j'ai comparu devant le Comité permanent des vétérans et on m'a posé la même question. Vous savez, j'ai alors dit qu'à titre de Métis, nous ne voulons pas de reconnaissance, de récompense ou de rémunération spéciale ou d'une tape dans le dos ou quoi que ce soit du genre, que les autres vétérans n'ont pas. Nous voulons être traités de la même façon. Rien de plus, rien de moins.

Annie Leblond 20:19 
Parce qu'un vétéran, c'est un vétéran.

Brian Black 20:21 
Exactement.

Annie Leblond 20:23 
Je tiens à vous remercier pour votre temps. Et j'aimerais aussi vous remercier, ainsi que vos sœurs et frères d'armes, pour les services que vous rendez à notre pays. Brian Black, je vous remercie.

Brian Black 20:33 
Merci. Meegwetch.

Annie Leblond 20:40 
[Musique]

Ce balado est une production de l'École de la fonction publique du Canada. Pour en savoir plus sur la Série d'apprentissage sur les questions autochtones et les activités offertes, visitez notre site Web à efpc-csps.gc.ca. Ici Annie Leblond, et au nom de l'École, je vous remercie de nous avoir écoutés.

Tous les points de vue ou opinions présentés dans ce balado sont uniquement ceux des individus eux-mêmes et ne représentent pas nécessairement ceux de l'École ou du gouvernement du Canada.

Invitée : John Moses, superviseur, Rapatriement, Musée canadien de l'histoire

Intervieweuse : Annie Leblond, Gestionnaire, Apprentissage et développement, École de la fonction publique du Canada

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