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Many Eagle Set Dance (Chant michif)

Description : Voici l'histoire du chant « Many Eagle Set Sundance » telle que racontée par le folkloriste et auteur Nicholas Vrooman. Un remerciement spécial à Shane Belcourt et Tony Belcourt d'avoir gracieusement fourni la vidéo à l'École.

Date : 8 décembre 2020

Durée : 00:19:34

Résolution : 1080p


Transcription

[Visuel :  Dessin animé en blanc du logo de L'École de la fonction publique du Canada apparaît sur un fond violet, des pages tournent, une feuille d'érable apparaît au centre d'un livre qui ressemble à un drapeau avec des lignes sinueuses ci-dessous.]

[Visuel : Une voiture roule le long d'un chemin de campagne, des champs herbeux bordés de clôtures passent à l'extérieur de la fenêtre de la voiture.]

[Visuel : À travers le pare-brise de la voiture, on voit une autre auto s'avancer, le long du chemin de terre au loin.]

Dakota du Nord, août 2004

[Musique]

En 2001, la Nation Métis de l'Ontario et la Nation Anishinabek ont cherché à sceller une alliance Nation à Nation.

[Visuel : Gros plan du chauffeur de la voiture, Nicholas Vrooman, un homme plus âgé, muni d'une moustache et de lunettes, en profil.]

Nicholas Vrooman :  Oui, c'est certainement l'endroit.

[Visuel : À travers le pare-brise de la voiture, on voit une autre auto s'avancer, le long du chemin de terre au loin.]

Mais tout d'abord, les Métis doivent trouver leur propre chant...

[Visuel :  Une image fixe d'un homme, avec un chapeau à larges bords à la tête, qui marche à travers d'un grand champ, zoomant lentement sur le littoral du "Buffalo Lodge Lake" au loin.]

Voici l'histoire du chant « Many Eagle Set Sundance » telle que racontée par le folkloriste et auteur Nicholas Vrooman.

Nicholas Vrooman :  C'était au début des années 1820. Cris, Assiniboine, Ojibwe, Saulteaux, Chippewa, tous semblables.

[Visuel : Image fixe en sépia d'un camp Assiniboine, comprenant un groupe de tipis au premier plan sur une plaine herbeuse et plusieurs autres au loin.]

Nicholas Vrooman :  And Michif Métis folks came together at Buffalo Lodge Lake and what's now northwest North Dakota, but then it was open Indigenous buffalo pasture.

Et les Métis Michif se sont réunis au lac Buffalo Lodge et dans ce qui est maintenant le nord-ouest du Dakota du Nord. À l'époque, c'était simplement de vastes pâturages de bisons.

[Visuel : Image fixe en noir et blanc de membres de la communauté, assis ensemble en cercle sur une plaine herbeuse, fumant des pipes.  Un groupe de wagons est stationné en arrière d'eux]

Nicholas Vrooman : Ils se sont rassemblés pour former une des alliances les plus importantes à avoir été conclue au centre du continent.

[Visuel : Une carte de l'Amérique du nord intitulée la légende "Cultural Areas" est divisée en zones codées par couleur, chaque couleur (diverses nuances de violet, vert et brun) indiquant une zone différente, "l'Arctique, le Subarctique, la côte Nord-ouest, le Plateau, le Grand Bassin, la Californie, le Sud-ouest, les Plaines, les Forêts de l'Est  -- Nord-est, les Forêts de l'Est – le Sud-est, le Mexique et l'Amérique centrale" et dans chaque zone correspondante de la carte, on liste les noms des différents peuples indigènes.]

Nicholas Vrooman :  C'était un territoire qui avait été contesté par les États-Unis et l'Angleterre, comme appartenant soit à la Louisiane, soit à la Terre de Rupert. Il est situé le long de la frontière. Ils venaient du Manitoba, du Minnesota et de l'Ontario pour converger vers l'Ouest, au pied des Rocheuses.

[Visuel : Une carte montrant les territoires américains, britanniques et espagnoles du début du 19ème siècle, avec l'achat de la Louisiane souligné en vert.  Les routes d'exploration de Lewis et Clark de 1804-1807 sont soulignées en noir et la route de Pike est soulignée en rouge.]

Nicholas Vrooman : Les nationalistes pré-euro-américains désignent aujourd'hui ces terres comme la « Ligne de médecine ». Au cœur du territoire nord-américain, les circonstances politiques et économiques étaient volatiles, imprévisibles et remplies de danger.

[Visuel : Une page de l'atlas "Tribes, Cultures, and Languages" montrant une carte des États-Unis, zoomant lentement sur la région autour de la "Medicine Line".]

Nicholas Vrooman :  Il fallait bâtir de nouvelles façons de travailler ensemble. Pour les nombreux groupes qui vivaient alors dans les plaines, il devenait crucial de bâtir de nouvelles alliances. Les intérêts et le patrimoine communs ont permis de tisser des liens solides.

[Visuel :  Image fixe en sépia d'un groupe d'hommes, de femmes et d'enfants photographié devant un wagon chargé.  Un homme seul est debout tout proche devant un second wagon.]

Nicholas Vrooman :  Les Cris, les Assiniboine, et les Chippewa se mariaient entre eux. Par leur mère, les Michif avaient aussi hérité du sang de chaque groupe.

[Visuel :  Une peinture d'une chasse au buffle.  Des chiens approchent un gros buffle, une flèche dans son côté, pendant qu'un chasseur en raquettes, tout en visant son arc, suit de près.]

Nicholas Vrooman :  Une traite des fourrures intensive se faisait dans les régions boisées à la fin du XVIIIe siècle. Plusieurs générations auparavant, les Assiniboine – Stoney Sioux ou Nakota – s'étaient déjà séparés des Dakota et des Lakota au Sud et à l'Est au Minnesota et avaient quitté vers l'Ouest pour devenir le peuple des plaines.

[Visuel :  Peinture d'une habitation animée en hiver.  Des chiens courent entre des groupes de personnes, quelques uns, munis d'armes de chasse, en raquettes et proche d'eux des enfants s'amusent dans la neige.  On voit au loin les murs d'une habitation et quelques bâtiments sur une colline.]

Nicholas Vrooman :  Les groupes Anishinabe, Chippewa, Ojibwe Saulteaux se déplaçaient vers l'Ouest à partir des Grands Lacs, et faisaient concurrence aux Sioux, qu'ils repoussaient vers les prairies.

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc d'hommes en cheval portant des bonnets de guerre, devant un tipi, pointant du doigt quelque chose au loin.]

Nicholas Vrooman :  C'est là que les Sioux ont conclu une alliance avec les Cheyenne qui occupaient alors les terres situées entre les rivières Rouge et Missouri.

[Visuel :  Image fixe en sépia d'une femme debout ainsi qu'un homme assis devant une habitation de plusieurs tipis sur une plaine herbeuse.  À la droite du couple, un groupe de personnes est assis, les dos tournés.]

Nicholas Vrooman : Les Anishinabe de l'Est s'étaient rendus dans les plaines depuis plusieurs générations. C'est là que les Sioux ont conclu une alliance avec les Cheyenne qui occupaient alors les terres situées entre les rivières Rouge et Missouri.

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc de trois wagons stationnés.  Deux hommes s'inclinent sur le dessus du wagon à l'extrême droite. Dessous d'eux par terre, cinq autres hommes se reposent, assis et couchés.]

Nicholas Vrooman :  Leurs cousins Cris du Nord-Est étaient dans les plaines depuis un siècle. Dès le milieu du XVIIIe siècle, il y avait une société distincte d'ascendance mixte au confluent des rivières Assiniboine et Rouge.

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc d'une famille posée debout devant une cabine en rondins. Un homme repose sa main sur l'épaule de son épouse assise.  Deux autres hommes sont debout de chaque côté un avec sa main sur la chaise d'un jeune enfant.]

Nicholas Vrooman :  Certains étaient appelés Bungi (Bungee), enfants des pères Orcadiens Vikings, ont été les premiers employés de la Compagnie de la Baie d'Hudson, envoyés dans l'arrière-pays après 1670.

[Visuel :  Image fixe en sépia de membres d'une communauté rassemblés sur une plaine herbeuse, devant un wagon couvert, à côté d'un tipi duquel sortent deux personnes.]

Nicholas Vrooman :  D'autres étaient d'ascendance française, descendants de La Vérendrye, ses hommes sont allés dans le territoire dans les années 1730 et 1740 et se sont mariés avec des femmes appartenant aux mêmes groupes que les hommes orcadiens.

[Visuel :  Image fixe d'une famille, un homme, une femme et un enfant, debout posant pour une photo devant un tipi.  L'homme sourit, un fusil à la main, la femme tient un enfant emmitouflé dans ses bras.]

Nicholas Vrooman :  Un troisième groupe, qui allait devenir le plus nombreux et le plus compétent sur les plans politique et économique au sein de la nouvelle société d'ascendance mixte, résultait lui-même d'un mélange de Métis du sud de la région des Grands Lacs, du fleuve Mississippi et de la rivière Missouri.

[Visuel :  Image fixe en sépia d'un groupe de wagons couverts, stationnés sur une plaine herbeuse. Des gens se reposent en un grand groupe dans l'ombre du plus grand wagon, quelques uns sourient à l'appareil photo.]

Nicholas Vrooman :  Ces Michif étaient les descendants de l'ancien régime français en Amérique du Nord, qui avaient tout perdu aux États-Unis à la fin de la guerre de Sept Ans, en 1763.

Ces gens s'étaient mêlés au milieu tribal diversifié du sud des Grands Lacs et de l'est du Mississipi et entre eux depuis 150 ans.

[Visuel :  Une carte dessinée des États-Unis, avec la zone contestée des plaines le long du centre soulignée en rouge.]

Nicholas Vrooman :   Les Assiniboine, les Cris, les Ojibwe et les Michif étaient coincés entre les Sioux et les Cheyenne dans le Sud et par les compagnies de la Baie d'Hudson et du Nord-Ouest vers le Nord.

The Assiniboine, Cree, Ojibwe, and the Michif were squeezed between the Sioux, and the Cheyenne in the south, and the Hudson's Bay and Nor'Westers to the north.

En 1812, les colons de Lord Selkirk s'étaient installés. Puis, en 1816, les Michif avaient consolidé leur société fondée sur l'appartenance au clan et leur identité nationale dans les plaines du Nord.

[Visuel :  Peinture de la bataille de "Seven Oaks" intitulée "The Fight at Seven Oaks, 1816" par Charles William Jefferys, représentant deux groupes avec fusils pointés, tirant l'un sur l'autre.  Un groupe à cheval attaque l'autre et des corps s'allongent par terre.]

Nicholas Vrooman :  Cela se passait après la bataille de la Grenouillère (Seven Oaks).

[Visuel :  Une photo en sépia d'une habitation fortifiée au loin, avec un chemin de terre menant à travers la plaine herbeuse vers elle.]

Nicholas Vrooman :  Puis en 1821, la Compagnie de la Baie d'Hudson et la Compagnie du Nord-Ouest ont fusionné, et, au Sud, les Sioux ont intensifié l'expansion du territoire.

[Visuel : Image fixe en noir et blanc d'un champ herbeux, comprenant plusieurs tipis en groupes s'étendant au loin.]

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc d'un grand groupe d'hommes devant un tipi, quelques uns assis, se reposant, d'autres debout, conversant entre eux, plusieurs munis de fusils.  Trois wagons sont stationnés derrière le groupe d'hommes.]

Nicholas Vrooman : Il est devenu primordial d'établir une alliance officielle entre les Assiniboine, les Cris, les Ojibwe et les Michif.

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc d'hommes allongés par terre à côté d'un wagon stationné et une tente blanche.  Des bâtiments d'un village sont visibles au loin.]

Nicholas Vrooman :  Comme les Ojibwe et les Michif étaient les derniers arrivés dans le territoire, il fallait les intégrer aux rouages du Grand Mystère dans cette partie du monde.

[Visuel :  Image fixe de membres de la communauté en grande tenue, dansant, plusieurs de leurs caractéristiques masquées de fumée.]

Nicholas Vrooman :  Reculons de quelques décennies. Au début des années 1780,
il y avait eu l'épidémie appelée Pox Americana, qui avait amené la variole dans les plaines du Nord et causé une dévastation incroyable.

[Visuel :  Image fixe en sépia d'un camp dans un champ herbeux.  Le champ de vision zoom lentement, plusieurs wagons et chevaux sont stationnés devant l'habitation.]

Nicholas Vrooman :  Les Cris et les Assiniboine avaient déjà conclu une alliance, appelée le complot Nehiyaw, la Confédération de fer.

Ils avaient demandé aux Michif et aux Ojibwe de les rejoindre dans les plaines, partager leur nourriture, , combattre les mêmes ennemis et devenir le peuple des plaines.

[Visuel :  Image fixe d'une habitation fortifiée au loin avec un chemin de terre devant elle et une clôture blanche borde le chemin.]

Nicholas Vrooman :  C'est alors qu'est arrivée une nouvelle menace externe dans le monopole que la fusion des Compagnies de la Baie d'Hudson et du Nord-Ouest avait causé. Les Sioux sont devenus de plus en plus forts et ont poursuivi leur avancée vers le Nord. Il devenait nécessaire de confirmer cette confédération.

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc de deux hommes en cheval munis de bonnets de guerre regardant à travers d'un champ au loin.

[Visuel :  Image fixe en sépia d'une loge du soleil dans un champ herbeux.

Nicholas Vrooman : Une danse de la soif a été organisée: la cérémonie devait être donnée à ces jeunes frères, les Michif et les Ojibwe. 

[Visuel :  Peinture de canoës atterrissant à une habitation de tentes proche de l'eau, sur le bord de la forêt.  Un groupe de gens à chacun des quatre canoës les tirent au rivage.  Trois autres canoës rament vers le rivage.

Nicholas Vrooman :  Venus des régions boisées, les Ojibwe étaient membres de la Midewiwin, et les Michif étaient catholiques, mais ils avaient dorénavant besoin du pouvoir médicinal de leur nouveau territoire, les plaines.

[Visuel :  Image fixe de deux femmes debout avec trois jeunes enfants dans un champ, avec des bâtiments au loin.

Nicholas Vrooman :  Certains allaient adopter les deux traditions, y compris beaucoup d'Ojibwe qui ont conservé le Midewiwin au cours du XXe siècle, tandis que les Michif sont demeurés fidèles au catholicisme traditionnel.

[Visuel :  Image fixe d'un groupe, quelques uns à cheval, surveillant d'autres qui érigent une grande loge du soleil.

Nicholas Vrooman :  La danse de la soif du lac Buffalo Lodge devait établir entre ces gens un lien qui leur permettrait de faire front commun pour traiter avec leurs ennemis autochtones vers le sud et l'ouest, ainsi qu'avec la Compagnie de la Baie d'Hudson et d'autres établissements euro-américains de commerce des fourrures.

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc d'une habitation mouvementée avec plusieurs tipis.  Plusieurs gens de tout âge marchent ou courent autour d'un groupe d'individus assis en cercle.  À l'arrière du cercle, un groupe d'hommes munis de bonnets de guerres sont debout à côté des chevaux qui paissent.

Nicholas Vrooman :  L'incident déterminant qui a cristallisé la nécessité d'une alliance entre ces quatre groupes distincts, mais solidaires et intégrés, et lui a donné un élan singulier, fut l'assassinat collectif des femmes et des aînés et l'enlèvement des enfants Ojibwe.

Cela s'est passé pendant que les familles Michif et Ojibwe étaient parties à la chasse.

[Visuel :  Image fixe en noir et blanc d'un groupe d'hommes, de femmes et d'enfants multigénérationnel, de tout âge, se faisant photographier devant une clôture en bois autour d'une habitation.]

Nicholas Vrooman :  Après un hiver de famine au cours duquel ils avaient perdu la plupart de leurs enfants, les Sioux ont été contraints de chercher des jeunes pour rebâtir leur tribu. Les enfants constituaient la ressource la plus importante et assuraient un avenir pour toute tribu et tout groupe de personnes.

[Visuel :  Image en sépia d'une habitation des plaines avec plusieurs tipis et des wagons stationnés à côté d'eux au loin, zoomant lentement.]

Nicholas Vrooman :  La nouvelle a été transmise aux quatre membres de l'alliance, les Cris, les Assiniboine, les Ojibwe et les Michif, que si ça avait pu arriver à un des groupes, ça pourrait arriver aux autres aussi. Il y eut un Appel de rassemblement au lac Buffalo Lodge, afin de renforcer l'unité.

[Visuel :  Image fixe en sépia d'un grand groupe de gens érigeant une loge du soleil dans un champ herbeux.]

Nicholas Vrooman :  Many Eagle Set était le leader Cris de la danse.
On dit qu'il a organisé ce qui est considéré comme la plus grande Danse du Soleil à avoir eu lieu dans les plaines du Nord. Il y avait 14 mâts centraux et 1500 danseurs provenant des quatre groupes.

[Visuel :  Au loin, une habitation étendue de tipis brille dans le crépuscule avec des chevaux paissant au premier plan, sous un ciel étoilé, nuageux.]

Nicholas Vrooman :  Many Eagle Set a reçu le chant du Créateur par l'entremise des Êtres du tonnerre. Cela symbolise pour toujours les liens historiques entre les quatre peuples et alliés distincts et commémore le transfert de la danse de la soif aux Chippewas et aux Michif. Le Chant est interprété,  et l'histoire, racontée chaque année sur le mont Turtle afin de commémorer l'alliance entre les Cris, les Assiniboine, les Ojibwe et les Michif, qui est restée intacte depuis cette danse au lac Buffalo Lodge dans les années 1820.

[Visuel :  Image fixe de Francis Eagle Heart Cree, assis dans une chaise devant un rassemblement de gens.]

Nicholas Vrooman :  Ce Chant était chanté aux gens là-bas et a survécu grâce à un homme du nom de Francis Eagle Heart Cree, qui est né en 1920. Il dansait la danse de la soif. Il était un leader spirituel et culturel du peuple du mont Turtle, qui en conserve le souvenir.

[Visuel : Francis Eagle Heart Cree et Nicholas Vrooman sont debout dans un champ, à côté d'une voiture et regardent "Buffalo Lodge Lake".]

Nicholas Vrooman :  Dites bonjour.

Francis Eagle Heart Cree: D'accord.

Nicholas Vrooman : (Laughs) Nous sommes prêts?

Caméraman et équipe: Oui.

Nicholas Vrooman :  D'accord.

Francis Eagle Heart Cree:  Je suis heureux que vous soyez ici. Que vous soyez venus du nord pour voir le lac Buffalo Lodge. Ce lac est comme une île. Il s'étend sur toute cette longueur. [inaudible] Il a amené son groupe jusqu'à ici.

Quand j'étais petit, j'avais environ quatre ans, mon grand-père m'a donné un cheval, un poulain, et des vêtements de danse. Un ensemble. Mon oncle m'a donné des airs musicaux [inaudible] Il m'a donné le dance du soleil. Il l'a reçu de Many Eagle Set.

[Visuel :  Francis Eagle Hart Cree, en gros plan, munis de verres fumés et d'une casquette bleue, debout dans un champ devant le "Buffalo Lodge Lake".]

Francis Eagle Heart Cree: Yeah?

Caméraman et équipe et Nicholas Vrooman : Hey! Oh! (Rire) Ouais! Hé! OK!

[Visuel :  Image fixe de Nicholas Vrooman, Francis Eagle Hart Cree et Tony Belcourt debout devant une loge du soleil.]

Nicholas Vrooman :  Le mercredi 11 août 2004 en avant-midi, une cérémonie exceptionnelle et magnifique a eu lieu dans la réserve du mont Turtle au Dakota du Nord, au Jardin International de la Paix situé à la frontière avec le Manitoba.

[Visuel :  Image fixe de Tony Belcourt et Francis Eagle Hart Cree parmi un groupe souriant, posant pour une photo à un cercle traditionnel d'aînés et de jeunes rassemblé à "Buffalo Lodge Lake" pour marquer l'occasion de Francis Eagle Hart Cree qui enseigne le Chant à Tony Belcourt.]

Nicholas Vrooman :  Ces activités célébraient le transfert de l'héritage vivant du chant cérémoniel de l'alliance entre les peuples au lac Buffalo Lodge chanté par Many Eagle Set. Le gardien du chant, Francis Eagle Heart Cree, a donné formellement le chant à Tony Belcourt, qui était alors responsable des relations internationales du Ralliement national des Métis et président de la Nation métisse de l'Ontario.

[Visuel :  Photo fixe en gros plan de Tony Belcourt et Francis Eagle Heart Cree, assis, souriants, en présence d'autres gens au rassemblement qui marchent autour en arrière d'eux.]

[Visuel :  Tony Belcourt et une femme plus âgée enveloppent une couverture autour d'un homme plus jeune debout à l'intérieur d'un espace cérémoniel et on prend plusieurs photos en flash pour marquer l'occasion.]

Nicholas Vrooman :  Cette activité était le point culminant de deux ans de recherches menées par M. Belcourt pour trouver le chant traditionnel Michif qu'il pourrait apporter à la cérémonie afin de commémorer la relation de nation à nation qui avait récemment été nouée entre la Nation Métis et la Nation Anishinabe.

(Ceremony participants applaud)

[Visuel :  Francis Eagle Hart Cree est assis, enveloppé dans une couverture, proche d'un groupe d'autres membres de la communauté lors du rassemblement à "Buffalo Lodge Lake," et ce premier regarde attentivement l'appareil photo.]

Nicholas Vrooman :  Le transfert du chant faisait aussi partie de l'œuvre de la vie de Francis Cree, afin de protéger le chant et de perpétuer les histoires et la signification de l'alliance conclue au lac Buffalo Lodge. Que les peuples distincts et séparés ne deviennent entiers que par l'unité partagée de tous les peuples dont la vie est fondée sur l'amour et le respect. Que les Métis du Canada chercheraient un chant pour une cérémonie d'alliance avec les Anishinabe...

[Visuel :  Image fixe de Nicholas Vrooman, Francis Eagle Hart Cree, Tony Belcourt ainsi que d'autres membres de la communauté au rassemblement, posant dans un champ devant une loge du soleil.]

Nicholas Vrooman : ...avant de se diriger vers le mont Turtle pour recevoir un chant qui existait déjà et qui symbolise cette relation de longue date entre les peuples, qu'on sentait le besoin de réaffirmer dans la vie contemporaine. C'est trop fort pour être une coïncidence, pour Francis Cree qui est de descendance Ojibwe, Métis, Cris et Assiniboine et qui parle la langue de chacun de ces peuples.

[Visuel :  Image fixe de Francis Eagle Hart Cree, Tony Belcourt, Nicholas Vrooman et un autre homme posant dans un champ, devant une loge du soleil.]

Nicholas Vrooman :  cela prouve la Théorie unifiée de l'existence et du pouvoir médicinal du chant.

[Visuel :  Panoramique lente autour d'un cercle de membres de la communauté debout à l'intérieur du "Round Hall", se préparant pour une cérémonie, parlant entre eux.]

Nicholas Vrooman :  Le récent transfert du chant s'est passé à une structure de cérémonie en rondins à l'ancienne nommée « Round Hall » au nord de Dunseith, au Dakota du Nord, du côté ouest de la réserve du mont Turtle. Nicholas Roman a accueilli les visiteurs Michif selon la tradition.

[Visuel :  Image fixe de Tony Belcourt, Nicolas Vrooman et un autre homme, avec un grand sourire, debout dans l'embrasure de la porte.]

Nicholas Vrooman : Braids LaFramboise a fait le récit traditionnel des origines du chant et de la signification de l'alliance du lac Buffalo Lodge.

L'ascendance de Braids LaFramboise est double : de Rocky Boy, au Montana, et du mont Turtle. Il est le gendre et le bras droit de Francis Cree.

[Visuel :  Gros plan de Francis Eagle Heart Cree qui chante, se concentre attentivement.]

Nicholas Vrooman :  Lors de la cérémonie de remise, Francis a transmis les droits du chant à Tony Belcourt et aux personnes présentes, y compris des membres du conseil provisoire de la Nation Métis de l'Ontario. Le lendemain matin, Francis Cree a amené le groupe Michif canadien au lac Buffalo Lodge, au sud-est du mont Turtle, à environ 80 kilomètres (50 milles) à vol d'oiseau.

[Visuel :  Zoom lent sur la loge du soleil ("Thirsty Dance Lodge") dans un champ à "Buffalo Lodge Lake.]

Nicholas Vrooman :  C'est là que Francis a conté l'histoire de Buffalo Lodge, présenté la généalogie de Many Eagle Set et la façon dont il avait reçu le chant et les droits de la Danse de la soif. Les groupes se sont réunis au pavillon de la Danse de la soif que Francis avait édifié l'année précédente, réalisant le rêve de sa vie, le retour de la danse au lac Buffalo Lodge.

There, Francis related the story of Buffalo Lodge, told the genealogy of Many Eagle Set, and how Francis had received the Song, and rights to the Thirsty Dance. The group stood in the presence of the Thirsty Dance Lodge that Francis had put up the year before, fulfilling a lifelong dream to have the dance return to Buffalo Lodge Lake. C'était la première fois qu'on y dansait la Danse de la soif depuis l'alliance des années 1820. Cet après‑midi-là, le groupe s'est rendu sur les lieux où Many Eagle Set faisait la Danse de la soif, puis au mont Turtle où ils ont tenu une cérémonie du calumet.

[Visuel :  Des membres de la communauté, assis en cercle sur le terrain de "Thirsty Dance", allument une pipe.]

Nicholas Vrooman :  Louis Cree, Braids LaFramboise, Gordon Henry, Two Dog et moi-même avons aidé les Michif canadiens à apprendre et à s'approprier pleinement le chant, et le chant est interprété.

[Visuel :  Des panoramiques en gros plan autour d'un cercle de participants à la cérémonie en cercle lesquels regardent et participent au chant du "Song".  Un homme joue le rythme sur un maracas.]

[Visuel :  Image fixe de l'aîné Francis Eagle Hart Cree, debout dans un champ à « Buffalo Lodge Lake » avec Nicholas Vrooman.]

À la mémoire de l'Aîné Francis Cree (1920 - 2007) et de Nicholas Vrooman (1949 - 2019)

[Visuel : Fond au noir.]

[Visuel : Dessin animé du logo de L'École de la fonction publique du Canada sur un fond violet, des pages d'un livre tournent et arrêtent révélant le logo au centre de l'écran.]

[Visuel : Le logo de L'École de la fonction publique du Canada disparaît.  L'adresse du site web le remplace.]

canada.ca/school-ecole

[Visuel : Fond au noir.]

[Visuel : Fond au noir.]

Fin


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